Recherche médicale

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MENER DES RECHERCHES :
POURQUOI, COMMENT ?

La recherche fondamentale permet d’élargir les connaissances sur des mécanismes moléculaires, cellulaires et physiologiques. Elle permet de tester des hypothèses posées par des chercheurs pour répondre à des enjeux de santé en vue d’acquérir et d’élargir les connaissances sur des mécanismes moléculaires, cellulaires, physiologiques et pathologiques.  Les chercheurs impliqués analysent de travaux expérimentaux réalisés sur des modèles in vitro et in vivo. C’est l’étape initiale et indispensable pour comprendre des altérations pathologiques ou les mécanismes d’action d’un médicament.

Dans le cadre du réseau INI CRCT qui a pour spécialité le cardio rénal, les modèles expérimentaux consistent, par exemple,  à « cultiver » en laboratoires des cellules cardiaques, rénales ou vasculaires, pour comprendre les mécanismes de développement des maladies qui s’y rattachent et pour tester in vitro des nouvelles molécules médicamenteuses. Ces cellules seront ensuite susceptibles d’être mesurées chez l’Homme par exemple dans le sang ou les urines : c’est ce que l’on appelle les « biomarqueurs« . Grâce à eux, l’anticipation de la maladie est envisageable et la mise en place de soins personnalisés également en sélectionnant les patients les plus susceptibles de bénéficier de nouveaux médicaments, avec le moins d’effets indésirables. 

Ce ne sera effectif qu’après les nombreuses étapes à suivre de la recherche clinique qui permet, elle, de concevoir, mettre en œuvre et évaluer les évolutions dans les domaines du soin, de la prévention et de la promotion de la santé publique. Elle vise à évaluer l’efficacité et sécurité d’un nouveau médicament ou d’un dispositif médical issus de la recherche fondamentale et translationnelle.

La recherche translationnelle est une étape récente dans l’histoire de la recherche médicale. Elle s’est imposée face aux réponses à apporter à des questions de plus en plus complexes au fur et à mesure de l’avancée des connaissances. La nécessité de travailler ensemble pour plus d’efficacité s’est imposée et la recherche translationnelle est la réunion des expertises dans les domaines public, privé et hospitalier. Les chercheurs définissent en commun les études à mener, les médecins apportant leurs connaissances basées sur les observations cliniques et sur les besoins des patients. Les allers – retours entre chercheurs, médecins et patients sont aujourd’hui permanents permettant ainsi de mettre au point plus rapidement des nouveaux médicaments ou des innovations.

Le Professeur Patrick Rossignol médecin / chercheur

Coordonnateur du réseau de recherche INI CRCT

Que représente la recherche cardio rénale à Nancy ?

Il y a un certain nombre d’unités dans le domaine des sciences du vivant, de la biologie. Pour ce qui nous concerne, nous nous intéressons dans le domaine cardio-rénal à la recherche fondamentale (c’est-à-dire en laboratoire) et à la recherche clinique, c’est-à-dire celle qui fait appel au volontariat des sujets sains ou des personnes malades pour participer à des essais cliniques ou des cohortes d’observation.

Ça veut dire quoi travailler en réseau dans la recherche ?

Un chercheur qui travaille tout seul dans son laboratoire, qui a une idée de recherche et qui la conduit de A à Z cela n’existe quasiment plus aujourd’hui. La plupart des articles scientifiques sont publiés à plusieurs équipes parce qu’il faut unir les forces et les savoir-faire. Par exemple, ALCHEMIST est une des études du réseau INI CRCT. Elle rassemble une soixantaine de centres de dialyse en France. Nous avons donc vraiment besoin de multidisciplinarité et de la participation de nombreuses équipes : c’est la force d’un réseau !

Vous êtes vous-même chercheur ?

Oui ! Mais en même j’ai plusieurs responsabilités qui me permettent justement de garder cette vision panoramique sur ce qui se fait dans la recherche sur les maladies cardio rénales. Je suis un « coordonnateur » de réseaux. C’est exaltant car cela me permet d’avoir des contacts avec des spécialistes très différents non seulement médecins mais aussi informaticiens, biologistes, sociologues, etc.

Pourquoi les maladies cardio-rénales ?

C’est fondamental de comprendre que les deux types de pathologies sont liés. Une fragilité cardiaque peut avoir des conséquences sur le fonctionnement rénal et vice-versa. C’est pourquoi nous avons à Nancy aussi une spécialité reconnue à l’international sur nos recherches en cardiologie. Ainsi je coordonne un réseau de recherche européen baptisé FIGHT HF (traduction combattre l’insuffisance cardiaque) qui vient s’ajouter aux résultats obtenus par INI CRCT. Tout ceci rassemblé donne une véritable « force de frappe » pour lutter contre ces maladies qui progressent avec le vieillissement générale de la population.

Vous vous investissez personnellement dans le « Circuit du Cœur au Rein » pour récolter des fonds pour la recherche. Pourquoi ?

La recherche médicale aujourd’hui n’est plus un monde à part, hors de la citoyenneté. Il n’y a plus d’un côté ceux qui cherchent et qui savent et de l’autre ceux qui subissent. Nous sommes tous engagés au service de l’amélioration de la vie du plus grand nombre. La communauté scientifique mondiale pratique depuis longtemps cette « solidarité » de la connaissance en échangeant sur les progrès obtenus. Mais aujourd’hui, nous devons nous ouvrir aux autres, à ceux-là mêmes pour qui nous travaillons. Les citoyens, les patients sans qui nous ne pouvons rien. Si nous n’avons pas de volontaires pour mener nos recherches, les projets ne peuvent aboutir par exemple sur la mise au point de nouveaux médicaments qui pourront bénéficier à tous.

Les évolutions aujourd’hui de la médecine sont phénoménales et la tendance c’est la mise au point de traitements personnalisés. La bonne molécule, à la bonne personne, au bon moment ! Mais la mise au point de ces médicaments, de ces technologies, coûte cher. Nous faisons donc appel à la générosité de tous : citoyens, entrepreneurs, sportifs, etc…

Ce fonds de soutien soutient les actions de recherche du réseau INI CRCT qui rassemble des spécialistes variés. Nous avons un grand nombre d’actions communes, nous réfléchissons ensemble pour trouver de nouvelles pistes de progrès médical. Mais sans vous, rien n’est possible !

D’où vient votre vocation ?

Je voulais soigner les malades et comprendre le pourquoi du comment des maladies sous-jacentes. C’est pour cela que je suis devenu médecin chercheur et aussi enseignant (à la Faculté de Médecine) pour essayer de transmettre ce que j’ai appris. Au cours de mes études, je me suis aperçu que pour avancer, il ne fallait jamais se contenter de l’acquis. Il faut toujours faire mieux et pour cela passer par la recherche pour faire émerger de nouvelles pistes et essayer de comprendre régulièrement chaque semaine (mais trop peu !) et je m’intéresse à tous les sports en particulier la voile en été.